Lettres et documents

Lettres et documents de la période révolutionnaire et impériale semblent une source intarissable. Leur abondance ne laisse d’ailleurs pas de surprendre. D’importantes archives, sinon des correspondances entières, resurgissent en effet régulièrement. Elles sont des centaines à être proposées chaque année soit chez les marchands d’autographes, soit en salles des ventes.

Manuscrits.

9ème légère

Mémoire et proposition pour un emploi de sous-lieutenant en faveur du sergent Jean-Baptiste Girault, an XII.

Né en 1775 dans l’Allier, Girault fit, entre autres, campagne aux armées d’Allemagne et d’Italie au sein de la 9ème demi-brigade d’infanterie légère. Il y a fort à parier que notre homme était présent à la bataille de Marengo, où la 9ème légère, surnommée l’ « Incomparable » se distingua particulièrement. Le document est signé par le colonel Meunier et par le général de division Dupont.

valets

Récapitulatif des dépenses faites par deux valets de l’Empereur durant la campagne de Saxe, 1813.

Si les valets Marchand et Constant sont bien connus et nous ont laissé des Mémoires, bien d’autres – dont l’Histoire n’a pas conservé le souvenir – servaient auprès de la Maison de l’Empereur. Il existe peu de représentations contemporaines de ces hommes, mais des documents – factures de marchands, ou, comme ici, dépenses faites en campagne – permettent d’en reconstituer la tenue.

Ce document nous livre en premier lieu le nom de deux valets, Hockaerts et Bosson. Par ailleurs, sont mentionnées leurs dépenses : places dans les voitures de la Poste, dons faits aux conducteurs et aux postillons. Détail autrement plus intéressant, leurs dépenses d’habillement sont également mentionnées : un pantalon, un carick (sic), une paire de bottes à éperons. En outre, les deux valets ont fait l’acquisition d’un portemanteau.

Voici à quoi devaient ressembler, durant la campagne de Saxe, les valets susmentionnés. © Patrice Courcelle.

En d’autres termes, ce document comptable permet de reconstituer ce que fut la tenue d’hiver des valets de la Maison de l’Empereur. « La toque de jockey » était portée, ainsi que le carrick, un manteau long et ample, à double collet, dont les manches étaient suffisamment longues pour protéger les mains du froid.

st elmé

Lettre du chef d’escadron Saint-Elmé, ex-adjoint à l’état-major général, au maréchal Soult, mai 1815.

Dans cette supplique, Saint-Elmé rappelle d’abord ses services. Présent à Wagram auprès du major-général Berthier, il fut ensuite envoyé en Espagne où il servit au sein des états-majors des maréchaux Bessières et Soult.
Alors qu’une nouvelle campagne est imminente – on est alors à un mois du déclenchement des opérations sur la Sambre – le chef d’escadron sollicite sa réintégration.

Soult a noté : « Je désire voir cet officier avant de le demander au ministre », un secrétaire ajoutant : « écrit le 21 mai pour qu’il vienne ». Trois semaines plus tard, l’armée du Nord entrait en campagne. Entretemps, Saint-Elmé avait-il obtenu gain de cause ?

Lettres frères Geneix 1

Lettres des frères Paul et Henri Geneix, février 1813-mai 1815. 

La correspondance connue de ces deux frères, totalisant pas moins de 58 lettres, fut dispersée en vente aux enchères dans le courant de l’année 2009. Seules trois lettres  – dont deux sont ici présentées – sont en ma possession.

Les 28 lettres de Paul Geneix sont adressées à ses parents à Riom et à son frère à Paris, depuis le 8 septembre 1812 jusqu’au 14 septembre 1814. Il évoque principalement la vie à l’école, l’organisation des cours, les examens, ses espoirs de promotion, enfin l’incertitude sur le sort de l’école après le 6 avril et l’abdication de Napoléon.

Les lettres d’Henri Geneix sont, quant à elles, adressées à son père et à son oncle pendant son instruction à l’Ecole Militaire à Versailles puis à Saint-Cyr, à partir du 2 novembre 1812. Henri incorpore Saint-Cyr le 26 janvier 1813. Nommé officier d’infanterie de ligne le 7 juillet, il part aussitôt pour Dresde. Il y écrit à son oncle le 7 août et annonce son départ. « Je verrai bientôt les Cosaques », assure-t-il. Le 16 octobre, il expédie une missive de Mayence, dans laquelle il annonce son départ pour Turin. Il y parvient le 5 décembre 1813. Il apprend l’abdication de l’Empereur le 16 avril 1814, alors qu’il est cantonné à Alexandrie. Sa campagne s’arrête là et il rallie Versailles. Son congé lui est délivré le 30 juin 1814. Son départ pour Riom, auprès de ses parents, est différé pour des raisons de papiers à obtenir pour se faire octroyer sa solde et autres sommes dues par les armées. En août 1814, il espère partir prochainement de Versailles. On le retrouve à Paris au cours du printemps 1815. Il désire alors intégrer la Garde Impériale, mais c’est à Metz qu’il est nommé au 59e régiment d’infanterie de Ligne. Sa dernière lettre est expédiée depuis Fontenoy Rohan (Deux-Sèvres) le 23 juillet 1815.


Imprimés et semi-imprimés.

Lettre ESIM Fontainebleau

Lettre d’admission à l’Ecole Spéciale Impériale Militaire de Fontainebleau,1807.

Le document concerne un certain Louis-Appollinaire Chialambert, élève pensionnaire originaire du département – italien – du Pô et est signé par Clarke, ministre de la Guerre. L’ESIM quitta Fontainebleau à la fin de l’année 1807.

Conscription 1812 artillerie de marine

Contrôle de départ de conscrits varois (classe 1813) destinés au 2ème régiment d’artillerie de marine, 1812.

Dans ce document semi-imprimé, sont contenus les signalements de six conscrits.

En 1813, afin de reconstituer son armée, saignée à blanc par les désastres de la fin de 1812, Napoléon fit appel à toutes les ressources du pays et récupéra les quatre régiments d’artillerie de marine, alors dispersés par détachements dans de nombreux ports d’Europe. Ces artilleurs furent dirigés sur Mayence, où ils furent affectés au 6ème corps du maréchal Marmont, duc de Raguse.